Les nouveaux misérables – En cuisine ! (Part 5)
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Et pourtant, Simon de bougeait pas, il ne portait même pas la main à son sabre et avait même arrêté de dessiner depuis que Simon s’était assis. Comme interloqués par ce silence soudain John et Valjean regardèrent les convives puis, dans un geste de réaction, l’homme assis à la table qu’ils avaient choisi. Simon fixait maintenant John avec insistance et chose incroyable, un sourire se dessinait sur son visage, un rictus qui alignait une série de dents blanches comme la lune et qui tranchait avec l’apparence sombre de l’homme. Surpris, John regarda Simon et éclata de rire et de joie ! Les deux hommes se prirent dans les bras l’un de l’autre et Simon éclata d’un rire qui glaçait les sangs mais manifestait une joie profonde.
Il venait de retrouver l’un de ses plus vieux amis qu’il n’avait pas vu depuis plus de 10 ans. John expliqua qu’il le croyait mort dans l’explosion de son bateau au large de Tortuga alors qu’il avait tenté d’attaquer un navire anglais surpuissant. Tout l’équipage y était passé et tout le monde soupçonnait qu’il avait été dévoré par les immenses squales qui peuplent les eaux turquoises des hauts fonds de l’île.
John l’avait connu bien avant sa période de piraterie, à l’époque, Simon, sous un autre nom, était rasé de près, portait une perruque poudrée et jouait des les dandys. Tout le monde à la Havane l’appelait « Tata Poudroku » si bien que rentré au pays, il rejeta à tout jamais ses bonnes manières pour devenir l’une des racailles les plus redoutées de la Hollande, un homme au cœur de pierre que les plus hautes autorités avaient tenté de retrouver. Las, recherché dans toute l’Europe, rejeté par son pays il reparti dans la Caraïbe, se fit pirate, rencontra John lors d’une bagarre de bar mémorable dans lequel ce dernier lui avait sauvé la vie lorsqu’un monstre musculeux avait tenté de décapiter parce qu’il venait, à lui seul, de décimer tout son équipage. Une merveilleuse partie de rigolade.
Simon avait ensuite investi une partie de sa fortune cumulée de pirate et de malfrat dans d’immenses plantations officielle à Tortuga, officieuses dans diverses iles par-ci, par là dans lesquelles il distillait ce rhum incroyable qui enivrait tous les hommes de toutes les îles de cette partie du monde. Depuis sa réputation le précédait, il était craint, redouté et peu étaient ceux qui le comptaient parmi leurs amis. Autant dire qu’à partir de ce moment, plus personne ne s’approcha de trop près de Jean Valjean.
John introduit Valjean auprès de Simon, lui expliqua ce qu’il faisait là, son chagrin d’amour avec sa belle russe, sa traversée de l’Europe, ses déboires avec la justice, son voyage en bateau, son goût pour l’alcool et les bonnes choses. Les deux homme sympathisèrent très vite et après moults anecdotes et retrouvailles et plusieurs bouteilles avalées à grandes lampées, Simon invita John et Jean Valjean dans sa plantation de Tortuga.
C’était le petit matin lorsque les trois hommes sortirent de la taverne. Des cadavres remplis d’alcool ronflaient à leurs pieds et c’est à bord de sa carriole garée à quelques mètres que le trio se rendit dans la plantation verdoyante de Simon. Elle était tout aussi magnifique que celle de John. Des belles esclaves se mouvaient sur les chemins verdoyants bordant une terre brune et la brise matinale qui venait de la mer des caraïbes rafraîchissait l’air et faisait danser sur les eaux topaze des reflets d’argent qui apportaient à cette carte postale pour touristes une douceur de vivre enviable et délectable.
Les hommes passèrent plusieurs jours à Tortuga, enchainant soirées à la taverne, longues balades dans l’île, nuits torrides avec de splendides créateurs aux fantasmes insoupçonnés et à l’occasion balades en mer pour détrousser quelques navires imprudents en compagnie de Pedro Le Chacal, un brésilien, fils adoptif de Simon qui l’avait trouvé échoué sur sa plage après le naufrage de son navire où ses parents avaient péri. Le séjour de Valjean arrivait pourtant à son terme et sur les dires de Simon, il devait emporter un souvenir qu’il garderait des années et des années. Des caisses du meilleur rhum jamais crées au monde !
Un nectar, Simon , l’avait dérobé lors de l’attaque d’un navire portugais qui venait d’arraisonner un navire espagnol qui venait de procéder à l’arrestation et à l’exécution d’un pirate sanguinaire de l’époque qui revenait d’une attaque surprise sur une tout petite ile mystérieuse perdue dans la mer de Caraïbes.
C’était certainement la première vraie cuvée jamais produite dans la Caraïbe, fabriquée à partir de la sélection la plus drastique jamais effectuée et vieillie depuis plus de 180 ans. Simon en avait ouvert une bouteille et c’était la plus belle chose qu’un alcoolique n’ait jamais gouté, surpassant tout ce qui pouvait exister. C’était un goût proche du paradis, liquoreux et titrant du 86° il délivrait une dose d’alcool mortelle pour qui n’y était pas habitué. La plus belle chose jamais crée par une distillerie.
Que de beaux souvenirs se dit Valjean alors qu’il se voyait encore emporter ces caisses et les embarquer sur le bateau qui le ramenait en Europe où quelques années plus tard il ferait la connaissance de sa future fille adoptive. Il était ému, c’était la première bouteille de la première caisse qu’il ouvrait et c’était pour sa fille. Il avait hâte de lui faire goûter et de goûter son baba au rhum. D’ailleurs, il se dit que la cuisson devait être presque finie lorsqu’il pénétra dans la cuisine, son trésor à la main.
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La fin, next week
Les nouveaux misérables – En cuisine ! (Part 4)
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Dans un coin de la taverne, comme hermétique à la fête, regardant l’agitation de la salle de son regard noir par-dessous ses sourcils fournis et la longue chevelure crasseuse couleur noir de jais, Simon Moordenaar, un hollandais apatride rejeté de son pays et déchu de sa nationalité pour des raisons que lui seul connaissait, était l’un des producteurs de rhum les plus influents de la Caraïbe, son rhum se dégustait et se vendait mieux que les services intimes des filles de joie après une année en mer tant sa saveur était reconnue et appréciée. Il avait la capacité d’enivrer au bout de deux gorgées le plus soulard des soudards habitué aux alcools les plus forts mais les délices qu’il offrait au palais était un bonheur des sens.
Suivant Valjean et John du regard, Simon ressemblait à la représentation que l’on se fait de la mort dans son grand linceul d’ébène, d’un teint cadavérique, cherchant du regard la prochaine victime dont elle viendra trancher le fil qui la relie au monde des vivants pour l’emmener dans les limbes douloureuses d’une vie de trépas. C’est simple, la salle était pleine à craquer mais personne n’osait s’asseoir à coté de Simon qui inquiétait les plus braves. Tout le monde le laissait tranquillement déguster son verre de rhum journalier qu’il avalait à toutes petites gorgées en griffonnant des lignes de texte et des dessins dans un grand carnet dont il ne fallait pas demander le contenu. Et tandis que Jonas Saint-Paul de la Hussarde hurlait comme un goret des chansons où il était question de pratiques sexuelles que même le plus pervers des obsédés sexuels réprimerait, Simon regardait Valjean Et John se séparer.
Ce dernier avait demandé à Valjean de chercher une place assise pendant qu’il allait chercher à boire. Et comme de par hasard, comme poussé par un instinct qui lui fait renifler les meilleures cuvées à 500 kilomètres à la ronde, Valjean vint s’asseoir à coté de Simon lequel regarda à peine ce géant prendre place à sa table sans même lui demander la permission. Tout d’un coup, la salle s’arrêta de parler. C’est comme si Valjean s’était assis à coté du diable, comme si une frontière vers un autre monde s’était ouvert, comme si l’apparition de quelque spectre terrifiant sorti du Flying Dutchman, le fameux bateau fantôme avait pris place dans la taverne.
Tous regardaient à présent Valjean et John qui se dirigeait vers lui avec deux bouteilles de rhum fraichement ouvertes. Simon ne sorti même pas un mot lorsque John vint s’asseoir à son tour. Il se contenta de lui jeter un regard plus appuyé, plus intéressé et releva même la capuche de son manteau pour dévoiler un visage que personne n’avait vraiment vu depuis des années. Tout le monde était silencieux, tout le monde craignait la réaction de Simon qui une fois avait tranché nette la tête la tête d’un jeune mousse qui avait eu le malheur de bousculer sa table renversant une petite goutte de son précieux verre. Le pauvre garçon avait ensuite été percé de plusieurs centaines de coups d’épée jusqu’à ressembler à une véritable grille de bateau qui sépare le pont supérieur du pont inférieur puis Simon avait emmené son corps au dehors pour le livrer aux chiens errants avant de retourner s’asseoir. Une histoire terrible qui avait circulé dans toutes les îles et que les pères de futurs corsaires sanguinaires contaient à leurs enfants pour les menacer d’appeler Simon s’ils venaient à ne pas vouloir s’endormir. Autant dire que les petits pirates avaient le sommeil lourd à cette époque.
La suite Next Week…
Les nouveaux misérables – Cosette et l’école (Part1)
A l’époque Cosette venait d’arriver chez Jean Valjean depuis un an. L’homme l’avait tirée des griffes des Thénardier au prix d’une courageuse empoignade et d’un bataille judiciaire terrible qui avait permis à Jean Valjean de devenir de père adoptif de la petite fille. L’acclimatation à la demeure somptueuse de Valjean située dans la rue des Rosiers n’avait pas été très traumatisante pour Cosette. C’était un peu comme si on demandait à un esclave supplicié d’un famille de tortionnaires décérébrés de soudain s’habituer à être servi royalement par des gens d’une gentillesse profonde et d’une richesse de cœur délicieuse. Germaine, la bonne de la maison en tête, avait accueilli la petite fille avec la douceur d’une mère, remplaçant au pied levé Fantine, la mère de Cosette, qui était décédée quelque temps auparavant dans d’atroces souffrances, traumatisée d’avoir du laisser sa fille aux Thénardier.
Aujourd’hui Cosette vivait comme une petite fille de la haute, voire de la très haute société avec toute l’insouciance juvénile et financière que pouvait apporter le fait d’être la fille de Jean Valjean, l’un des hommes les plus puissants de la capitale. Habituée aux fastes et aux facilités de sa nouvelle vie, elle était devenue une fillette pourrie gâtée, quelquefois odieuse, quelquefois généreuse, diaboliquement manipulatrice et perverse dans ses petits jeux cruels et capricieuse comme la pire des petites pestes. Elle ne faisait pas non plus le moindre effort pour se cultiver, sachant pertinemment que de toutes façons, les millions de Valjean lui reviendraient un jour et que son insertion dans la société serait grandement facilité par les relations de son père adoptif. … Lire la suite
Les Nouveaux Misérables – Le Noël de Cosette (part 4 END)
Ce billet est la suite de ce billet Cosette était follement heureuse de ce cadeau, les yeux embués de larmes, elle sauta au cou de Valjean, redevenant, l’espace de quelques instants, la petite fille adorable et puérile qu’elle était lorsqu’elle n’était pas encore une adolescente pourrie superficielle au QI de tabouret bouffé par les mites. On retrouvai dans son regard la candeur de la petite fille de huit ans qui courrait après son chat dans la maison et avait failli mourir écrasée par l’armoire normande sous laquelle le pauvre animal brimé s’était réfugié pour échapper aux tortures que Cosette avait inventé pour jouer avec lui. Elle poussa des cris de joie tonitruants, tapa des pieds au sol, pleura de bonheur comme une hystérique débilisante à un concert de Christophe Mae n’en croyant pas ses yeux. Elle l’avait son cheval, il avait même une selle et tout ce qu’il faut pour aller avec. Valjean était le meilleur des pères adoptifs.
Hurlant de bonheur et s’adressant au cheval : « De Marne ! De Marne ! Tu t’appelle De Marne !! », elle se dirigea vers son magnifique cadeau. Seulement, le splendide et immaculé Lipizzan montrait des signes de panique depuis l’entrée de la fillette dans la salle, s’ébrouant, reniflant, regardant d’un œil inquiet les vaines gesticulations de ce puceron à cheveux blonds qui courrait vers lui à pleine vitesse avec le but bien défini de lui sauter au cou. Effrayé par les cris stridents et de Cosette, l’animal se retourna et rua avec une force telle qu’il en arracha le papier cadeau qui l’entourait. … Lire la suite
Jean Valjean – Super Valjean
Dire que Jean Valjean était fier d’avoir sauvé Cosette des griffes des Thénardier révélait du pléonasme. Il se sentait important, il se sentait à la fois le héros de la petite fille tout en étant son père adoptif quand, après le décès de Fantine, il avait libéré cette petite fille du joug des êtres humains les plus cruels de la ville et il aimait à le crier sur tous les toits avec une fierté et un manque total d’humilité qui était même quelquefois totalement déplacé, il était d’usage de dire que quand il était pété il se la pétait grave. Ainsi, à chaque fois qu’il buvait un coup de trop c’est-à-dire un soir sur deux, il se gargarisait de raconter son exploit, rajoutant à chaque fois moult détails qui faisait de lui le plus courageux des hommes et s’attirait les faveurs des filles de joies tout sexes confondus.Valjean n’était, il faut le rappeler pas très regardant dans le domaine et le bichon de Madame Vincinovich sa voisine se souvient encore de leur rencontre, une soir où il avait eu le malheur de sortir dans le jardin de Valjean par une nuit sans lune. Et madame Vincinovich entend encore les hurlements canins déchirant de son petit amour qui criait pour qu’on vienne le délivrer des avances poussées du musculeux bienfaiteur de Cosette. … Lire la suite
Jean Valjean – Prison Break
En cette fin d’année 1815, Jean Valjean a un peu les boules et on le comprend. Il vient de se cogner pas loin de 20 ans de bagne pour avoir volé un morceau de pain à Mr Isabeau, un boulanger de Faverolles. Un pain absolument dégueulasse en plus et ni au moment des faits, ni aujourd’hui il n’avait de Nutella pour mettre quelque chose dessus. Il faut dire qu’à cette époque, Valjean était un peu « glocosoolique », ses gardiens avaient même été obligés de trouver des moyens pour calmer ses colères noires quand il n’avait pas ses 17 morceaux quotidiens de sucre, denrée très rare à l’époque. Une fois, ils s’étaient même trouvés désemparés. Le directeur étant furieux de la consommation honteuse de Valjean, avait décidé de le sevrer mais bien mal lui en a pris, Valjean ne l’entendait pas de cet estomac et la rage dans laquelle il entra ce jour là est restée gravée dans les esprits et les murs de la prison à jamais. … Lire la suite
Les plus misérables que misérables – The Thénardier
Mr Thénardier était ce genre de personne, aux abords mal aimables, à l’apparence fermées mais qui cachent au fond d’eux un fond absolument infect. Vénal, tricheur, hautain, grossier, sale et alcoolique. Nichés juste sous ses sordides sourcils, de petits iris vifs et cruels, presque blancs, qui tranchaient avec le sang injectant l’humeur de ses yeux. Sous son énorme barbe remplie des reliquats des ses précédents repas faits de poissons et de viandes avariées en sauce se cachait une bouche déformée par un rictus de haine et des dents déchaussées et jaunies par le tabac bon marché. L’haleine de Mr Thénardier était connue dans le tout Montfermeil et alimentait régulièrement les rumeurs d’atroces maladies qui allaient frapper la capitale.
Respirer devant Mr Thénardier c’était comme inhaler à pleins poumons dans une réserve de camemberts avariés qui aurait été creusée dans une fosse commune non débarrassée de ses cadavres. Mesurant un bon mètre 90 et avoisinant les 110 kilos, personne n’osait alors s’opposer à lui et surtout pas cosette qui se souvenait encore que la dernière gifle que le sordide individu lui destinait l’aurait assommée si elle ne s’était pas baissée. Elle avait tué le cheval du voisin sur le coup. Doté d’un quotient intellectuel qui avoisinait celui d’une anguille dans les meilleurs jours, Thénardier avait tendance a voir des réactions un peu impulsives et rentrait régulièrement dans des colères noires où il finissait le plus souvent par se blesser. … Lire la suite
