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Les nouveaux misérables – le concert (part 4)

Ce billet est la suite de ce billet   Quand les fillettes pénétrèrent dans la loge de Vlatipa Kemonchanépula, ce fut une explosion de joie et de bonheur. Elles rencontraient leur idole, un mélange de Michael Jackson, Lady Gaga et des Black Eyed Peas pour l’époque. Ce fut l’un des plus intenses moments de bonheur de Cosette et de Léopoldine Javert, la fille du commissaire Javert. La diva un peu interloquée toisa les jeunes filles d’un air dédaigneux, n’ayant d’yeux que pour Valjean. Elle invita les petites à s’asseoir dans d’épais fauteuils rouges mais leur pria de se taire parce qu’elle était fatigué d’avoir trop chanté. Puis elle s’adressa à Valjean, surpris qu’il eut une fille. Il lui expliqua toute l’histoire, sa rencontre avec Fantine, le séjour de Cosette chez les Thénardier, l’arrivée de Cosette chez lui. La gamine pourrie gâtée qu’elle était devenue et lui parla de l’atroce et abject petit tas de chair humaine dénué du moindre sentiment qu’était sa meilleure amie Leopoldine Javert.

Les fillettes admiratives n’entendaient pas un mot de ce que disait Valjean, absorbées par le charisme de Vlatipa Kemonchanépula, buvant ses paroles en même que le thé à la vodka pure qu’elle avait fait préparer et leur avait servi, oubliant totalement qu’en France contrairement à ce que l’on fait en Russie, on ne donne pas l’alcool aux enfants.

Valjean lui ne se faisait pas prier, 30 minutes après être entré dans la loge, il en était déjà à son 14ème thé  la Vodka, suivi de près par Vlatipa qui tenait au moins autant l’alcool que lui. Les rires des fillettes se firent par contre beaucoup plus sonores et à la moindre des blagues atrocement scabreuses de Jean Valjean comme elle du Rabbin, du Curé, de l’imam et du cochon d’inde, les petites éclataient de rire sans comprendre ne serait-ce que la moitié des allusions dégueulasses que contenaient la plupart des blagues que se racontaient les hussards de l’époque, réputés à l’époque pour avoir l’un des humours les plus immondes et les moins respectueux de la morale.

Ce fut Léopoldine la première qui brisa le silence imposé par la diva. Déjà à moitié ivre, elle dit à Vlatipa Kemonchanépula qu’elle et Cosette voulaient être chanteuses plus tard et qu’elle voulaient son avis sur ses qualités pour savoir si elle devait persévérer parce que M Xylophone, un professeur de musique centenaire leur avait dit qu’elles avaient beaucoup de talent mais qu’elles voulaient vraiment avoir l’avis d’une superstar comme elle.. Elle lui demanda si elles pouvaient lui faire une démonstration d’un morceau de leur composition après avoir fini leur 8ème tasse de thé qui était très bon

Il est bon de rappeler que M Xylophone, pianiste de talent, chanteur d’opéra avait ensuite particip à la guerre en temps que canonnier puis s’était reconverti en frappeur de tambour pour finalement travailler comme charbonnier dans une locomotive. Allergique à la ouate, il n’avait jamais pris soin de ménager ses tympans mais son immense ego, sa grande intelligence et surtout la stupidité totale de ses élèves lui avait permis de développer une technique qui lui permettait de juger de la justesse du chant en fonction des ondes que la voix de l’interprète répercutait sur une tasse de verveine menthe. En fait, M Xylophone n’entendais tellement rien qu’un boucher de la rue commerçante avait été arrêté par la maréchaussée pour avoir tenté de le tuer avec un hachoir à viande après avoir dit 811 fois à M Xylophone qu’il n’avait pas de bavette mais juste de l’onglet.

Ce ne fut donc pas très étonnant que la formation musicale des deux fillettes ait quelque peu pâti des déficiences auditives de leur professeur. Vlatipa avait entendu des sons atroces dans sa vie, les cris des enfants que l’on égorge à la stalactite dans les goulags perdus des steppes sibériennes, l’accent belge du plus mauvais comique du monde, M Laffritt, qu’elle avait du subir pendant une représentation de deux heures à l’ambassade de Belgique de Moscou ou encore les déchirants cris des renards des neiges que les restaurateurs moscovites tuent à la scie égoïne et utilisent pour faire du bouillon de poule  parce que les chats résistent mieux au froid que les poules.

Mais rien ne l’avait préparé au calvaire d’entendre Leopoldine et Cosette entonner leur chanson. Et même si Vlatipa ne la connaissait pas, rien, ni de l’air, ni du flux de paroles, ni mêmes des intonations ne correspondait même de loin à une chanson. On aurait cru entendre un millier de billes d’acier chauffées à blanc tomber en vrac dans un immense instrument en cuivre dans lequel dormirait un monstrueux grizzly qui hurlant de douleur aurait griffé de toutes ses forces les parois de cuivre lisses pour tenter de sortir de l’instrument de torture et aurait finalement agonisé dans un ultime râle strident et déchirant de douleur, plus proche du monstre mythologique que de l’animal en souffrance. Elle félicita les deux petits filles, leur dit qu’elle avaient une voix vraiment particulière qu’elle n’avait jamais entendu mais leur conseilla de changer de professeur parce qu’il est toujours bon de changer de méthode pou progresser. Un conseil suivi à la lettre par les deux petites mais qui conduisit au suicide les deux tiers des professeurs de musique de Paris incapable de faire progresser des élèves tombées si loin dans la nullité artistique.

Vlatipa aurait bien sur préféré à ce moment là pouvoir se mutiler les tympans avec un tisonnier brulant plutôt que de subir une seconde de plus la torture auditive de ce qu’elle appellera très longtemps après la plus mauvaise interprétation de Petit Papa Noël de sa vie. Elle ordonna en secret aux autorités françaises d’interdire la chanson de son vivant et c’est ainsi que Tino Rossi, qui n’a absolument aucun parent en commun avec Jean Valjean découvrit la chanson dans son grenier. Scellé dan un coffre enfermé sous une dalle de béton qu’il ébrécha en voulant planter une balançoire pour sa fille.

Mais, rentrées chez elles et guillerettes, les fillettes, galvanisées par les conseils de Vlatipa s’en vantèrent le lendemain et les autres jours. Disant aux autres que Vlatipa Kemonchanépula  avait dit que leur voix était intéressante, novatrice et qu’elles avaient une nouvelle approche de la musique. Chaque jour, les fillettes interprétèrent une nouvelle chanson, appauvrissant jour après jour les paroles, s’éloignant de leur malgré toute première chanson pas si mal tournée que ça. Les voix de Cosette et Léopoldine devinrent une référence dans les cours d’école. Vlatipa Kemonchanépula leur avait trouvé du talent, comment pouvait il en être autrement ? Ce n’est que années plus tard, vers la fin du XXème siècle que la chanson française s’apercevra des stigmates laissés par les désastreux conseils de cette conasse de Vlatipa Kemonchanépula.

Valjean lui passa quelques jours délicieux avec avec Vlatipa Kemonchanépula, buvant jusqu’à plus soif, faisant l’amour frénétiquement, se droguant aux derniers psychotropes à la mode, l’emmenant sur son dos lors des soirs où il endossait son costume de Super-Valjean. Quelques jours où Jean Valjean fut un peu plus heureux que d’habitude tout en gardant à l’esprit qu’une histoire sur la durée avec la bien-aimée serait impossible, incompatible avec sa vie de justicier et celle de chanteuse à succès de Vlatipa. Les temps étaient durs, les temps étaient tristes et les drames se nouaient au temps du pauvre Jean Valjean.

Piotr