Les nouveaux misérables – le concert (part 2)
Ce billet est la suite de ce billetAllez à un concert de Vlatipa Kemonchanépula n’était pas donné à tout le monde, Tout le gratin Parisien s’était donné rendez-vous à l’opéra et les calèches allaient et venaient devant la bâtisse et les policiers veillaient tellement à la sécurité que l’on était en droit de se demander s’il n’y avait pas là quelque chef d’état étranger n’était pas en visite à Paris. En fait, point de politiciens étrangers mais d’importantes personnalités s’étaient donné rendez-vous pour cet évènement incontournable. Cosette ne fut pas surprise de croiser Leopoldine Javert, la fille du commissaire Javert et amie de Cosette avec qui elle passait son temps à se pourrir et se défier à grands coups de coûteuses démonstrations de leur supériorité dans l’échelle sociale.
Dignes représentantes de cette race de petits pétasses surfriquées qui peuplaient la capitale à cette époque. Leopoldine et Cosette pavanaient mutuellement chacune de leur côté mais Cosette ne résista pas à l’idée d’aller dire à Léopoldine qu’elle avait été conviée gratuitement au concert par Vlatipa Kemonchanépula et que comme elle connaissait bien son père adoptif, elle allait certainement la rencontrer et même dîner avec elle. Leopoldine lui dit que ce n’était même pas vrai, que personne ne pouvait l’approcher mais Cosette lui montra la lettre signée par la cantatrice et Leopoldine la supplia de l’emmener avec elle, qu’elle ferait n’importe quoi si elle acceptait. Que plus jamais elle ne dirait de Cosette qu’elle s’habille avec la même robe deux semaines de suite, qu’elle est amoureuse de Pierre-Edmond, le remouleur septuagénaire qui passe quelquefois dans son quartier , qu’elle a fait des avances à M. Pythagore le professeur de mathématiques pour avoir une bonne note et qu’elle s’excusait de toutes les atrocités qu’elle ait pu faire ou dire mais qu’il fallait absolument qu’elle rencontre Vlatipa Kemonchanépula que sa vie en dépendait.
Cosette lui jeta un regard dédaigneux et refusa aussi sec. Elle lui dit qu’elle était certaine que Vlatipa Kemonchanépula ne voudrait jamais rencontrer un tel représentant de la lie de l’humanité et elle tourna les talons. Leopoldine parti dans une rage folle. Rouge, boursouflée, les yeux révulsés et totalement hystérique dans sa robe pourpre, elle ressemblait à une énorme cerise sur le point d’exploser. Elle sautait sur place, tapait des pieds et cria à Cosette qu’elle n’était qu’une petite salope, une merde innommable, une amie immonde, qu’elle lui chiait à la gueule, qu’elle pouvait toujours courir pour qu’elle ne raconte plus des horreurs sur elle et que tout la ville allait savoir que Cosette était pire que Madame Javert pourtant considérée comme le second endroit le plus passant de Paris depuis la construction de l’Avenue de la Grande Armée.
Leopoldine reçu tout d’un coup une énorme gifle de la part de son père qui lui dit de surveiller son langage, qu’on était en public et que c’était pas possible d’avoir une fille pareille, aussi mal élevée et pourrie-gâtée. Leopoldine hurla d’autant plus fort, elle traita son père de gros ignorant, d’abruti congénital, de déchet de l’humanité incapable de lui faire rencontrer Vlatipa Kemonchanépula alors qu’un vieux poivrot dégueulasse comme Jean Valjean pouvait le faire pour sa fille. Fille adoptive en plus. Alors que lui, n’était même pas foutu d’avoir une place au premier pour sa fille génétique, la chair de sa chair et qu’elle en venait même à douter qu’il puisse être son père parce qu’il ne l’a jamais aimée.
Le commissaire Javert se lança alors dans un colère noire. Il gifla à nouveau sa fille et lui dit de se taire immédiatement qu’il était responsable de la sécurité et qu’il voulait passer une soirée tranquille. Il lui dit qu’il voulait lui faire la surprise de rencontrer la diva mais comme elle se conduisait encore plus mal que sa mère qui était en train de faire de l’œil au ministre de la culture, il en était hors de question ! A ces mots Léopoldine fondit en larmes, s’excusa auprès de son père dit à sa mère d’arrêter de se conduire comme une trainée et qu’en plus elle perdait son temps, c’était de notoriété publique le ministre de la culture était plus attiré par les petits garçons que par les grandes dames et qu’elle avait des preuves parce que Joël le dernier de la classe en avait fait les frais et qu’elle avait tout noté sur un carnet et qu’elle pouvait le faire plonger et ruiner sa vie. Le ministre, démasqué, gifla la petite fille, lui hurla de se taire, qu’elle n’avait aucune preuve, et qu’il ne connaissait pas ce Joël ni son père, responsable des événements au ministère de la culture.
Le commissaire Javert explosa de rire en regardant le ministre d’un air accusateur. Le ministre regarda ses chaussures d’un air coupable. Madame le ministre fut offusquée du langage de la petite fille et de son mari. Elle s’effondra par terre et sa tête percuta les pavés de la place de l’Opéra. Le Ministre se pencha sur sa femme pour la réanimer. Madame Javert fit de l’oeil à l’un des gardes-du-corps du ministre. Javert gifla sa femme qui le gifla en retour. Leopoldine pleura que le monde entier lui en voulait et qu’elle voulait simplement rencontrer Vlatipa Kemonchanépula . Son père la gifla à nouveau et tout le monde, atterré, regardait cette scène navrante de la part d’un famille de bonne famille et propre sur elle. Cosette, elle, dans son coin, jubilait. Elle venait d’entrer dans la salle de l’opéra et la vue était majestueuse.
Traversant la salle pour aller s’asseoir au premier rang, elle pouvait admirer les immenses lustres où des milliers de bougies scintillaient et baignaient l’opéra dans une douce et chaleureuse lumière. Les tentures et velours rouges conféraient à l’ensemble un confort délicieux et assise dans son fauteuil épais et moelleux Cosette vit avec joie les lumières se tamisée et le rideau s’ouvrir. Dans la salle, plus un bruit, l’Opéra bouillonnait d’une fébrilité palpable. Dans l’air, bien avant son invention, il y avait de l’électricité…
La suite, next week…
